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Un peu d’histoire

La tradition rapporte que Guillaume le Conquérant, pour échapper à ses poursuivants, après s’être réfugié chez le baron Hubert de Ryes, aurait regagné son château ducal en empruntant des petits chemins creux, dont celui qui porte aujourd’hui le nom de "Sente au Bâtard". Cette sente qui part du Calvaire et qui franchit le ruisseau, la Gronde, contourne une partie du village et permet de découvrir anciennes fermes et vieilles maisons construites en pierre de Creully.

Le nom d’Asnelles (du latin “asinellas”, “petites ânesses”) apparaît pour la première fois dans un acte officiel de la fin du XIIe siècle, au moment où commencent les travaux de l’église primitive dédiée à Saint-Martin. A cette époque, un marché aux ânes se tenait dans le champ situé en face de l’église, près de la place publique, le “plânitre”. Le littoral était alors occupé par un vaste marécage qui engendrait souvent des fièvres : les habitants allaient implorer la protection de Sainte-Honorine dans une petite chapelle construite sur les ruines d’une villa gallo-romaine, qui se situerait non loin du nouveau cimetière.
Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, il existait, à l’embouchure de la Gronde, un petit havre, le port des Heurtault, accueillant chaque année près de 2000 bateaux qui faisaient du cabotage. Il fut comblé en une nuit par une tempête, si bien que le tribunal de l’amirauté, créé en 1554 à Asnelles, fut transféré à Bayeux.

Pendant le XVIIIe siècle, Asnelles fut le siège d’une capitainerie : une milice côtière était chargée de surveiller la mer et de signaler toute approche de navire anglais.
C’est au milieu du XIXe siècle que le village va connaître de grands changements. Sous l’impulsion du maire, le docteur Théodore Labbey, d’importants travaux sont entrepris, notamment l’assèchement du marais, la construction d’une digue et de nombreuses villas, dont quelques-unes demeurent aujourd’hui. Asnelles devient “Asnelles-la-Belle-Plage”, qualificatif donné par les nombreux “baigneurs” fréquentant la station qui prend, selon les journaux de l’époque, des allures de “petit Trouville”, avec son casino, ses hôtels très confortables, et même son tramway.

La construction d’un préventorium destiné à des enfants, envisagée à la fin de la Première Guerre Mondiale, va décourager de nombreuses familles originaires de Paris et de la région parisienne, propriétaires des riches villas.
Le 6 juin 1944, les soldats anglais débarquent à Asnelles : le régiment du Dorset qui a touché terre à 7 h 25, est le premier régiment britannique à avoir foulé le sol de Normandie.

Le porte-parole du général de Gaulle, l’une des “voix de la France”, Maurice Schumann, va également débarquer à Asnelles. Il repose aujourd’hui dans le cimetière voisin du Calvaire.
Le village se relève lentement des opérations du “D Day” : de nombreuses villas ont été très endommagées, voire anéanties ; la digue, ainsi que les cales, ont beaucoup souffert ; une grande partie de la voirie doit être refaite. Mais aucune victime civile n’a été à déplorer.

Aujourd’hui, l’activité d’Asnelles est essentiellement touristique avec ses nombreuses résidences secondaires, son camping, son parc résidentiel de loisirs, ses gîtes et ses maisons familiales.